Comprendre les marquages sur les chaussures de sécurité (SRC, CI, HRO…)

Les chaussures de sécurité font partie des équipements essentiels de protection des pieds sur un chantier. Elles ne se choisissent pas uniquement pour leur style ou leur confort, mais surtout en fonction de normes strictes et de marquages techniques tels que SRC, CI ou HRO. Ces sigles précisent des performances bien définies : adhérence, isolation contre le froid, résistance à la chaleur…

Bien comprendre ces marquages est indispensable pour sélectionner la paire réellement adaptée à vos conditions de travail.

 

Pourquoi les marquages sont essentiels à vos chaussures de sécurité ?

Les normes générales (S1, S2, S3) définissent une base commune pour toutes les chaussures de sécurité : résistance aux chocs, absorption d’énergie au talon, imperméabilité partielle ou totale. Mais elles ne suffisent pas toujours. Les marquages spécifiques viennent compléter ces normes de base et apporter une réponse ciblée à des risques particuliers.

Ces marquages répondent à une logique simple : chaque métier, chaque chantier, chaque environnement présente des risques particuliers.

  • Une chaussure de sécurité SRC protège contre les glissades ;
  • Une chaussure de sécurité norme CI est utile dans le froid ;
  • Une chaussure de sécurité norme HRO protège du contact direct avec une source chaude.

Ces sigles sont donc bien plus que de simples lettres : ils traduisent des tests réalisés en laboratoire, garantissant un niveau de protection ciblé.

 

Les principaux marquages expliqués

Chaque marquage sous vos chaussures de sécurité correspond à une performance vérifiée en laboratoire selon des protocoles normalisés. Ils garantissent que la chaussure a été testée dans des conditions proches de la réalité professionnelle.

Chaussures SRC : antidérapantes et sûres en toutes conditions

Une chaussure de sécurité, avant d’obtenir le marquage SRC, doit subir deux tests d’adhérence :

  • sur carrelage recouvert de solution savonneuse,
  • sur acier recouvert de glycérine.

Dans ces conditions, le coefficient de frottement entre la semelle et le sol est mesuré. Pour être certifiée SRC, la chaussure doit dépasser une valeur seuil définie par la norme EN ISO 20345.

Quand les privilégier ?

  • Dans la restauration collective, où les sols sont fréquemment gras.
  • Sur les chantiers extérieurs humides.
  • Pour les carreleurs, exposés aux surfaces glissantes et à l’eau stagnante.

Les chaussures de sécurité SRC ne rendent pas les glissades impossibles, mais elles réduisent significativement le risque d’accident par perte d’adhérence.

Chaussures CI : isolation contre le froid

Le marquage CI (Cold Insulation) se concentre sur la semelle. La chaussure est testée en laboratoire à une température de –17 °C. L’intérieur de la chaussure ne doit pas perdre plus de 10 °C en 30 minutes.

Dans quels cas sont-elles pertinentes ?

  • Dans les métiers en extérieur en hiver : maçons, terrassiers, ouvriers routiers.
  • Pour la logistique frigorifique et le travail en chambre froide.
  • Pour les professions agricoles exposées au gel prolongé.

Les chaussures CI intègrent souvent des semelles isolantes et des doublures thermiques. Mais qui dit isolation dit aussi poids supplémentaire : certains modèles deviennent moins agréables à porter au quotidien. C’est là qu’interviennent des alternatives comme les chaussures de sécurité légères qui cherchent à réduire la fatigue sans sacrifier la protection.

Chaussures HRO : résistance à la chaleur de contact

Le marquage HRO (Heat Resistant Outsole) certifie que la semelle résiste à une chaleur de contact de 300 °C pendant 60 secondes.

Le test consiste à appliquer la semelle directement sur une plaque chauffée et vérifier qu’elle ne fond pas, ne se fissure pas et conserve son adhérence minimale.

Dans quels cas est-il pertinent de chercher ce marquage ?

  • Pour les ouvriers routiers travaillant sur l’asphalte chauffé.
  • Dans les métiers de la métallurgie exposés aux projections de métal en fusion.
  • Et dans les environnements industriels à forte chaleur (verreries, fonderies).

En résumé, une chaussure de sécurité HRO est indispensable dès que le risque de contact avec une surface très chaude est identifié. Ce type de protection est surtout utile pour les environnements industriels : mais certains métiers spécifiques, comme l’électronique ou les zones ATEX, nécessitent une autre protection. Il s’agit des chaussures de sécurité ESD, capables de dissiper l’électricité statique.

 

Comment interpréter les marquages pour bien choisir ?

Un marquage ne remplace pas les normes de sécurité générales (S1, S2, S3), il s’y ajoute. C’est cette combinaison qui définit la performance réelle de la chaussure.

Par exemple :

  • Une chaussure S3 + SRC assure non seulement une semelle anti-perforation et une résistance à l’eau, mais aussi une adhérence renforcée sur sols glissants. Idéal pour un maçon travaillant sur chantier humide.
  • Une chaussure S2 + CI offre une protection contre l’humidité légère et une isolation contre le froid, adaptée aux métiers de la logistique en extérieur l’hiver.
  • Une chaussure S3 + HRO garantit à la fois une semelle anti-perforation et une résistance à la chaleur de contact. C’est la combinaison recherchée par les ouvriers routiers ou les professionnels de l’asphalte.

L’intérêt de ces combinaisons est d’éviter la surprotection inutile (qui alourdit la chaussure et la rend moins confortable) et de cibler les risques réels de votre métier.

 

Adapter les marquages de ses chaussures de sécurité aux usages

Le choix d’un marquage dépend toujours de l’environnement réel de travail, mais aussi de la durée d’exposition aux risques.

Quand privilégier le marquage SRC ?

Les glissades figurent parmi les premières causes d’accidents du travail. Le marquage SRC s’adresse donc aux métiers exposés aux sols humides ou gras : carreleurs, cuisiniers, boulangers, ouvriers du BTP extérieur. Dans ces contextes, le marquage SRC n’est pas un “plus”, mais une nécessité.

Quand privilégier le marquage CI ?

Le marquage CI concerne surtout les métiers exposés au froid prolongé : ouvriers extérieurs en hiver, professions agricoles, manutentionnaires en entrepôt frigorifique. Sans isolation, le froid peut provoquer engourdissements, perte de sensibilité et donc augmentation du risque d’accident.

Quand privilégier le marquage HRO ?

Le marquage HRO est pensé pour les environnements chauds : ouvriers routiers travaillant l’enrobé, métallurgistes, techniciens de maintenance industrielle. Il empêche la semelle de fondre ou de se détériorer lors d’un contact avec une surface brûlante.

Exemples concrets de combinaisons utiles

  • Un maçon travaillant dehors en plein hiver privilégiera une chaussure CI + S3 pour combiner isolation et semelle anti-perforation.
  • Un ouvrier routier sur enrobé chaud aura besoin d’une chaussure HRO + S3, résistante à la chaleur et aux perforations.
  • Un carreleur ou un cuisinier optera pour une chaussure SRC, indispensable sur sols glissants.

Les marquages apportent une réponse ciblée aux risques. Mais dans la pratique, c’est toujours la combinaison métier + environnement qui détermine la chaussure idéale. Pour aller plus loin, il peut être utile de se pencher sur comment choisir ses chaussures de sécurité selon son métier.

 

Un pas de plus vers la protection

Les marquages techniques ne sont pas de simples sigles : ce sont de véritables repères pour choisir la chaussure adaptée à chaque situation.

  • Le SRC assure une adhérence renforcée sur sols glissants.
  • Le CI protège contre le froid et préserve le confort thermique.
  • Le HRO garantit une semelle résistante aux températures extrêmes.

Combinés aux normes générales et aux critères de confort (comme le choix de chaussures basses ou montantes), ces marquages permettent de sélectionner une paire qui répond vraiment aux contraintes du terrain.

Bien lire les marquages, c’est anticiper les risques propres à votre métier et assurer votre sécurité au quotidien.