Sur un chantier, lorsqu’un risque ne peut être ni supprimé ni maîtrisé par des protections collectives, ce sont les équipements de protection individuelle (EPI) qui sont mobilisés. Casques, harnais, gants, masques filtrants... Autant d’équipements conçus pour protéger les professionnels du BTP. Mais que recouvre exactement la notion d’EPI ? Quels sont leurs rôles et quelles obligations doivent respecter les employeurs en 2025 ?
Un équipement de protection individuelle (EPI) est un dispositif porté par une personne pour la protéger contre un ou plusieurs risques professionnels susceptibles de menacer sa santé ou sa sécurité.
Cette définition est posée par le règlement européen (UE) 2016/425, qui encadre la conception, la mise sur le marché et l’évaluation de conformité des EPI. Il est directement applicable dans tous les États membres, y compris en France.
L’EPI est utilisé lorsqu’il n’est pas possible de supprimer le risque ni de le maîtriser par des moyens techniques ou organisationnels.
Dans le secteur du BTP, il y a presque autant d’EPI que de dangers : chutes de hauteur, projections, poussières, bruit, agents chimiques, brûlures, écrasements… Selon les zones du corps à protéger, on retrouve par exemple les EPI suivants :
Pour trouver les bons EPI, il faut une évaluation préalable des risques, une sélection adaptée, et une connaissance précise des conditions de travail réelles.
Le rôle de l’EPI est de protéger le salarié contre les risques qui n’ont pas pu être évités par d’autres moyens.
Rappelons la hiérarchie imposée dans la logique de prévention des risques dans le BTP :
Autrement dit, l’EPI est utilisé lorsque les autres moyens ne permettent pas de supprimer ou de maîtriser totalement le danger.
Quelques exemples de situation où le risque ne peut être annihilé à la source ou maîtrisé par les protections collectives et qui requièrent l’usage d’un EPI adapté :
L’EPI n’est efficace que s’il est porté correctement, entretenu et adapté à la situation réelle de travail. Un masque mal ajusté ou un harnais non relié à un point d’ancrage ne peuvent pas remplir leur fonction.
À noter : le confort et l’ergonomie sont des facteurs déterminants pour l’acceptation et le bon usage des équipements.
En 2025, les règles applicables en matière d’équipements de protection individuelle (EPI) n’ont pas fondamentalement changé, même si les exigences de conformité, de traçabilité et de mise en œuvre sont plus que jamais scrutées. L’employeur reste le responsable principal de la mise à disposition, de la bonne utilisation et de l’efficacité des EPI dans l’entreprise.
Tout EPI utilisé dans un cadre professionnel doit :
Le choix de l’EPI doit résulter d’une évaluation des risques professionnels menée dans le cadre du DUERP (Document unique d’évaluation des risques) et intégrer les retours du terrain.
Avant toute première utilisation d’un EPI, l’employeur a l’obligation de :
Cette formation doit comporter une mise en situation concrète, notamment pour les EPI complexes (systèmes antichute, appareils de protection respiratoire...).
Ici, l’employeur est tenu :
Le non-port d’un EPI par un salarié ne dispense pas l’employeur de sa responsabilité. Il doit mettre en place des rappels, des contrôles et des mesures correctives en cas de manquement constaté.
L’ensemble de la démarche (évaluation, choix, mise à disposition, formation, suivi) doit être documenté : fiches de distribution, attestations de formation, vérifications périodiques... En cas de contrôle ou d’accident, cette traçabilité protège l’entreprise.
En 2025, la réglementation impose aux employeurs du BTP de fournir des EPI adaptés, d’en garantir le bon usage et de former les salariés. Négliger ces obligations expose l’entreprise à des sanctions, voire à la reconnaissance de la faute en cas d’accident. Au-delà du droit, l’enjeu est aussi humain et opérationnel. La maîtrise des EPI reste un axe essentiel de la prévention sur les chantiers.